La biodiversité en Poitou-Charentes

     
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La Gallaselle, un crustacé à fort enjeu patrimonial

La Gallaselle est un petit crustacé d’eau douce qui vit dans les eaux souterraines aux côtés de tout un cortège d’espèces Espèce Groupe d’individus qui ont la possibilité de se reproduire entre eux dans la nature et dont la descendance est fertile. animales, appelé faune stygobie ou stygo-faune (en référence au « Styx », fleuve souterrain parcourant les enfers dans la mythologie grecque). D’une longueur d’à peine 5 mm, totalement aveugle et dépigmentée, cette espèce pourrait bien devenir un emblème de conservation de la vie souterraine picto-charentaise. En effet, cette espèce a été découverte dans une rivière souterraine des Deux-Sèvres et sa répartition, connue aujourd’hui, reste globalement centrée sur le Poitou-Charentes (rapport d’étude Poitou-Charentes Nature, 2016).

La Gallaselle Gallasellus heilyi
(première photo, individu collecté à la rivière souterraine de Bataillé en 2013).

C’est en 1955 que la Gallaselle fut découverte par Gabriel Heily, un spéléologue poitevin et technicien au laboratoire de biologie animale à l’université de Poitiers, dans une rivière souterraine sur la commune de Gournay-Loizé. Un an plus tard, Jean-Jacques Legrand, directeur de ce même laboratoire, la baptisait sous le nom scientifique Asellus heilyi, en hommage à son découvreur.

Puis, dans les années 1970, deux chercheurs de l’université de Dijon, MM. Henry et Magniez, sont venus chercher quelques spécimens pour les étudier en laboratoire et redéfinir le statut de cette espèce. Ils créèrent le genre Gallasellus (étymologiquement, « Aselle de Gaule »), pour mieux rendre compte de son caractère unique dans le monde, tout en conservant le nom d’espèce heilyi.

Depuis, l’espèce a été sporadiquement contactée par des biospéologues amateurs et professionnels. Au début des années 2010, la Gallaselle était connue d’une dizaine de sites dans le centre-ouest de la France.

- Le mot des partenaires
Depuis 2005, des chercheurs du Laboratoire d’Écologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés (Université Claude Bernard Lyon 1 / CNRS) étudient le groupe des Aselloidea (une superfamille, dans le jargon des biologistes) dans lequel se trouve la gallaselle. Ces études ont pour but de mieux comprendre comment les changements environnementaux affectent la biodiversité que ce soit en termes de distribution géographique, de rôle dans le fonctionnement des écosystèmes…

par Christophe Douady et Florian Malard, Université Lyon 1 / CNRS


De 2013 à 2015 une campagne de recherche ciblée sur les gallaselles a été menée à l’initiative première de la DREAL Poitou-Charentes et de Poitou-Charentes Nature. Avec le concours et le soutien de multiples partenaires (spéléologues, universitaires, Agence de l’Eau, Fondation LISEA Biodiversité, entres autres), 129 sites potentiellement propices à la présence de gallaselles ont pu être prospectés aux quatre coins de la région (des contreforts du Massif central aux îles charentaises, du Marais poitevin aux limites de la Dordogne) et dans différents habitats (nappe phréatique, rivière souterraine, source et sous-écoulement…).

par François Lefebvre & Michel Caillon, Poitou-Charentes Nature


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