La biodiversité en Poitou-Charentes

     
Accueil > Biodiversité en région > Notions sur la biodiversité > L’importance de la biodiversité

L’importance de la biodiversité

Actuellement, l’érosion rapide de la biodiversité est une thématique au centre des préoccupations environnementales. Il est nécessaire d’identifier en amont les principaux enjeux environnementaux afin d’orienter les actions à mettre en œuvre pour la sauvegarder.

La biodiversité est la diversité de toutes les formes du vivant.

Pour un scientifique, c’est toute la variété du vivant étudiée à 3 niveaux :

On parle donc de biodiversité écosystémique, spécifique (intra et inter espèces) et génétique.

1. Etat des lieux de la biodiversité : une érosion préoccupante

Aujourd’hui, l’érosion de la biodiversité est un problème majeur.
D’après l’UICN (International Union for the Conservation of Nature) :

25% des espèces mondiales de mammifères Mammifère Classe de vertébrés supérieurs homéothermes ("à température constante"), portant des mamelles. et 11% des oiseaux sont directement menacés d’extinction. Concernant les autres groupes biologiques, qui sont moins connus, les scientifiques prédisent l’extinction de 25 à 50% de toutes les espèces d’ici la fin du siècle si aucune mesure adaptée n’est prise. C’est ainsi que l’on parle de la 6ième extinction, provoquée par les activités et le développement de l’espèce humaine, en référence aux 5 grandes extinctions dues à des causes naturelles, qui ont précédemment jalonné l’histoire de la vie sur Terre (Roger Barbault, 2008).

2. Causes de cette érosion

La nature, la qualité et l’hétérogéinité des habitats sont des éléments essentiels pour le maintien et le développement de nombreuses espèces animales et végétales.
Les principales causes de cette érosion
sont :

2.1 - La fragmentation ou la dégradation et la destruction des écosystèmes et des habitats

La fragmentation ou la dégradation et la destruction des écosystèmes et des habitats comme les massifs forestiers, les milieux bocagers, les zones humides, entrainent le risque d’extinction des populations en réduisant les capacités de déplacement, d’échanges génétiques et les possibilités de nutrition et de reproduction des espèces.

Les pressions qui sont en cause sont les activités humaines :

  • les techniques culturales modernes et l’intensification de l’agriculture (drainage, irrigation, abandon des terres, usages intensifs et répétés de pesticides, modification du génome par les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)).
  • l’urbanisation, les aménagements touristiques : l’équivalent de la superficie d’un département est bétonné tous les 10 ans en France (IFEN, 2009).
  • les pollutions de l’air, de l’eau, des sols par les produits chimiques (plus de 30 000 molécules utilisées).

Exemple :

Les busards, comme l’ensemble des espèces liées aux grands espaces ouverts de plaine régressent en voyant leurs milieux disparaître.

2.2 - Le contexte de changement climatique global.

Les peuplements de chênes pédonculés et de hêtres de la région Poitou-Charentes régressent à cause de l’intensification et de la plus grande fréquence des sécheresses.

Les résineux comme les Douglas sont aussi affectés par l’augmentation des températures. D’après l’Office National des Forêts "la canicule, l’augmentation des températures moyennes, les coups de chaleur soudains provoquent une évaporation d’eau trop rapide". Les arbres sont alors attaqués par des insectes car ils sont très affaiblis (Nouvelle république du 10/10/07).

2.3 - L’introduction d’espèces exotiques

La jussie (Ludwigia.sp), l’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii), la Tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) concurrencent les espèces autochtones. Il en est de même pour l’Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia), espèce invasive Invasive Se dit d’une espèce qui s’établie ou se développe dans un écosystème dont elle n’est pas originaire et pour lequel elle constitue un agent de perturbation nuisible à la biodiversité. Espèce envahissante allochtone (exotique). , originaire d’Amérique du Nord qui colonise les groupements pionniers, les bords de routes et les sols dénudés des parcelles agricoles mises en culture au printemps ou en attente de culture ou d’urbanisation au détriment des adventices indigènes.

2.4 - L’exploitation directe des espèces sauvages

Une pression de chasse trop importante, l’exploitation non raisonnée des forêts, la cueillette de fleurs menacées d’extinction ou la surpêche (site de l’IFEN : pêche et aquaculture : de nombreux stocks en danger portent atteinte à la biodiversité.

2.5 - La non reconnaissance de la valeur de cette biodiversité


Aujourd’hui les grands enjeux de la biodiversité sont :

  • la recherche de moyens de protection, de gestion et de réhabilitation des écosystèmes
  • une transformation des mentalités afin de percevoir la biodiversité comme précieuse.

3. Importance de la biodiversité

La protection de la biodiversité est inscrite dans les textes comme étant une obligation éthique.
Elle possède une valeur économique, culturelle et sociale, écologique et symbolique, qui aide à apprécier son importance.

Valeur économique par l’utilisation des espèces en tant que :

  • ressources pour la pharmacopée et pour la recherche
  • ressources alimentaires : gibier, poissons, céréales, fruits, plantes....
  • ressources génétiques pour les biotechnologies
  • produits industriels : fabrication de fibres par le ver à soie, de laine, de bois, de coton, de parfums...
  • matières premières d’activités économiques comme l’aquaculture, la pêche, la sylviculture.

La fonctionnalité des écosystèmes a également une forte valeur économique : une zone humide stocke l’eau en période de crue et la redistribue en période de sécheresse ; la forêt filtre les eaux et peut permettre l’économie d’usines de traitement qui sont très couteuses.

Valeur écologique par :

JPEG - 16.5 ko
Nacré de la ronce (Brenthis daphne) © Eric Holthof


Valeur culturelle et sociale

La biodiversité a également un rôle social très important : la nature est considérée comme une source de bien être, de détente, d’inspiration, de randonnées pédestres, de vacances...
Le tourisme vert est actuellement en plein développement : les visites de sites naturels correspondent à 6,6 % des séjours (source : DT- SOFFRES, 2004). En Poitou-Charentes, la Venise verte dans les Marais Poitevin est un lieu touristique très fréquenté autant par les passionnés de nature que par les néophytes.

La biodiversité, doit être protégée durablement pour la survie de la biosphère et pour son utilisation par les générations futures.
Cette protection passe par différentes actions que la Charte du RPAPN reprend.

Connaitre ce qui existe

  • par l’amélioration de la connaissance des habitats et des espèces par des programmes de recherche, de suivis et d’inventaires.

Valoriser et éviter la perte des données existantes :

  • en améliorant la diffusion des connaissances auprès des décideurs publics
  • en renforçant les connaissances naturalistes

Impliquer les citoyens

  • par la sensibilisation et la communication afin d’aider les décideurs à fixer des priorités d’action et pour responsabiliser chacun, dans les actes quotidiens de sa vie.

La France a adopté en 2004 sa stratégie nationale pour la biodiversité . Si vous souhaitez en savoir plus sur la stratégie nationale pour la biodiversité consultez le site du ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer.

Pour en savoir plus sur :

Bibliographie :

  • Fluri. P, A. Pickhardt., V. Cottier., J.D. Charrière. (2001). La pollinisation des plantes à fleurs par les abeilles. Biologie, écologie, économie. Agroscope Liebefeld-Posieux. Centre Suisse de recherche apicole. CH-3003. Bern.
  • INRA d’Avignon, Unité mixte de recherche "Ecologie des Invertébrés". "Biodiversité des pollinisateurs et agriculture" (01/02/2005).
  • Nouvelle République du 10/10/07. Article rédigé par Delphine Noyon. Interview de Francis Gauvrit (ONF).
  • Persuy Alain,(2008), La forêt naturelle, Belin/Eveil nature
  • Persuy Alain, (2003) ; Guide de la forêt en Poitou Charentes et Vendée, Geste éditions
  • Persuy Alain, (2004) Le coteau calcaire Calcaire Roche sédimentaire essentiellement composée de carbonate de calcium CaCO3. , Belin/Eveil nature
  • Roger Barbault, Un éléphant dans un jeu de quilles, Points Seuil, 2008
Glossaire | Mentions Légales | Conditions d’utilisations